Pourquoi nous ne parlons pas d’ « entreprise libérée » ?

Pour ceux qui s’intéressent aux sujets que nous portons chez Altman Partners, il est difficile de ne pas avoir entendu l’expression « entreprise libérée » : livres, émissions, débats…

Partant de constats souvent justes (mais parfois caricaturaux), cette expression a néanmoins fini par connaître de nombreuses dérives qui vont souvent à l’encontre de l’intention initiale. Il ne s’agit d’ailleurs pas ici tant de parler de la « philosophie » portée par cette expression que de la crispation engendrée par celle-ci.

Même si les sujets que nous traitons chez Altman sont connexes, nous voulions néanmoins expliquer notre gêne par rapport à cette expression et les raisons pour lesquelles nous ne l’utilisons pas. Il y en a au moins 6 :

  • Le concept est devenu tellement marketing et sujet à polémique qu’on ne sait plus bien de quoi on parle et quel sens il a.  On peut faire un parallèle d’ailleurs avec des expressions comme « génération Y » ou « esprit start up » qui finissent par ne plus avoir aucun sens si elles en avaient…
  • Il y a malheureusement eu une instrumentalisation du concept par des entreprises qui l’utilisent comme outil de réduction de coût ou à des fins politiques avec des effets dévastateurs.
  • Lors de son intervention, Michel Sarrat, comme beaucoup d’autres dirigeants, revenait sur sa gêne à utiliser cette expression en citant  avec beaucoup de justesse le livre de Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté que nous vous conseillons d’ailleurs vivement de lire. Il remettait en cause l’aspect très on / off de l’expression qui est déconnecté de la réalité de l’expérience d’un dirigeant et de son entreprise. Lors de nos interventions auprès des dirigeants, nous ne manquons d’ailleurs pas d’indiquer que le chemin est très long…
  • L’expression « entreprise libérée » ou « libération » a fini par être source de crispation dans la mesure où elle opposerait une situation idéale à une situation non désirable ce qui ne correspond pas à la réalité de beaucoup d’entreprises. Par ailleurs, elle est souvent assimilée à une suppression de la hiérarchie ce qui n’est pas l’enjeu et laisse de côté de nombreuses dimensions de la transformation.
  • Nous travaillons essentiellement avec des PME et nous nous rendons compte au quotidien que chacune de ces entreprises a ses spécificités propres dans la transformation, souvent d’ailleurs très éloignées de celles des grands groupes. L’idée souvent liée à l’ « entreprise libérée » qu’il y aurait un modèle valable pour tous est ainsi trompeuse.
  • Beaucoup de coachs, consultants et tenants de l’ « entreprise libérée » mettent en avant les performances économiques promises par celle-ci ce qui nous pose un double problème : rien ne prouve statistiquement à date que ce soit le cas mais plus profondément et c’est bien cela qui nous intéresse, cela ne peut pas être le moteur d’un dirigeant pour des raisons très profondes (nous y reviendrons dans un prochain article).

Mais alors comment parler de la transformation des organisations que nous portons? Nous avons vivement réfléchi à ce sujet au sein de l’équipe pour arriver à cette formulation de notre mission : Altman Partners aide les entrepreneurs à utiliser les leviers économiques et collectifs leur permettant de construire des entreprises vivantes, prospères et qui respectent l’aspiration des Hommes. C’est très probablement moins marketing mais cela correspond bien plus à ce que nous entendons faire et couvre des dimensions très larges.

Nous n’avons ainsi pas de conseils en « libération » à donner à nos clients. La meilleure façon de dire ce que l’on fait a d’ailleurs été donnée par un de nos clients lors des interviews que nous affectionnons tant pour sentir le pouls de l’organisation : « vous nous aidez à trouver notre propre système ».

Une autre façon d’évoquer ce sujet et qui nous fait vraiment lever le matin chez Altman Partners est de dire que nous rêvons d’entreprises dans lesquelles nous aimerions que nos enfants travaillent. Peut-être que si l’on ne devait donner qu’une expression pour parler de ces entreprises, nous dirions alors : « L’entreprise pour nos enfants »!

 

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