Tous les articles par Thierry Gauthron

Pourquoi manager dans la confiance est-il si difficile ?

Ce n’est pas parce qu’on veut diriger une entreprise dans le lâcher prise et la confiance, qu’on y parvient facilement…

Les dirigeants sont souvent dotés de personnalités fortes. Ils savent que leur volonté, leur persévérance, leur capacité à croire en eux et à oser l’impossible ont joué un rôle crucial dans leur réussite. C’est donc le plus souvent parce qu’ils ont été des « champions de l’action » que ça a marché pour eux. Dans certaines petites PME, leur action s’est même apparentée à un « one man show » qui leur a été bénéfique.

Alors, évidemment, même s’il en a compris l’intérêt, difficile pour un champion de l’action de laisser faire les autres. Car, fatalement, les « autres » vont faire les choses différemment de ce qu’il aurait fait lui-même, d’une manière qu’il pourra percevoir comme moins efficace ou moins aboutie.

Ce qui se trouve derrière cette résistance est une peur. La peur que l’entreprise fasse des erreurs et qu’elle se mette en danger. Il ne s’agit pas d’une peur anodine, car son entreprise représente souvent tout aux yeux du dirigeant : l’essentiel de son temps et de son engagement, le symbole de sa réussite sociale, son patrimoine, un devoir de responsabilité, etc.

« Mon dieu, qu’il est difficile de ne pas agir ! », répète souvent Alexandre Gérard, fondateur de Chronoflex (voir le TEDx d’Alexandre Gérard)

La médiatisation du concept d’entreprise libérée, relayée par l’APM ou le CJD, convertit de plus en plus de patrons à des pratiques fondées sur la confiance et l’autonomie des équipes. Nombreux sont ceux qui en comprennent l’intérêt. Beaucoup moins nombreux sont ceux qui parviennent à le faire vraiment. Car le lâcher prise du dirigeant implique un travail sur soi d’une grande profondeur. Michel Sarrat (Président de GT Location) parle très bien et très ouvertement des années de psychothérapie qui lui ont été nécessaires pour trouver sa juste place dans son organisation. Sans ce travail sur lui, ses propres comportements ne lui auraient probablement pas permis de faire basculer son organisation dans le mode de fonctionnement qui est le sien aujourd’hui.

Nous invitons nos lecteurs à lire ou relire « Oser la confiance » qui raconte l’histoire de Bertrand Martin ou encore « La belle histoire de Favi » de Jean-François Zobrist pour mesurer à quel point ces dirigeants sont parvenus à lâcher prise et à quel point cela a joué dans la réussite de leur système de management.

TedX Alexandre Gérard

Je vous invite à visionner la vidéo du TedX d’Alexandre Gérard qui, comme toujours, parle très bien de son aventure de libération de sa société Chronoflex / Groupe Inov-On. Il livre notamment les clé de la transformation qu’il a engagée et qui a été portée par ses salariés avec des résultats impressionnants sur le plan humain et sur le plan de la réussite de l’entreprise.

Oser la confiance !

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La lecture du livre « Oser la confiance » écrit par Bertrand Martin, Vincent Lenhardt et Bruno Jarrosson est un monument. Bon sens, confiance, libération d’énergie et lâcher prise : voilà les recettes qui ont permis à B. Martin de redresser Sulzer de manière spectaculaire.

Un autre exemple, celui de l’entrepreneur lorrain dont l’article suivant raconte l’histoire, semble indiquer que les mêmes recettes simples et de bon sens donnent les mêmes résultats. Alors qu’attendons nous pour libérer l’entreprise de nos vieilles habitudes de management qui paralysent les employés et les empêchent de donner le meilleur d’eux-mêmes ??? http://www.lejournaldesentreprises.com/editions/54/industrie/biens-de-consommation/j-ai-redresse-mon-entreprise-en-la-liberant-06-03-2015-250290.php

Le groupe EGIS en learning expedition chez IMATECH

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Les entreprises libérées intriguent… Les dirigeants d’autres entreprises sont de plus en plus nombreux à venir visiter Favi, Poult, Chronoflex, Lippi, Imatech… cela rappelle les visites de Toyota par GM ou Ford dans les années 80 et 90. Ces visiteurs sauront-ils percevoir les croyances profondes qui sous-tendent le fonctionnement « libéré » de ces entreprises pionnières ou se contenteront-ils – comme leurs prédécesseurs du monde automobile – de retenir quelques pratiques originales qu’ils isoleront de la philosophie globale qui pourtant fait toute la différence ?